18 mai 2007
Fézon le pwin
J'ai gravé des pierres. Les sauvages du continent australien en faisaient autant. J'ai gravé des pierres en tout petit petit. J'ai gravé des pierres et j'ai perdu mes cailloux. Ma machine à graver petit petit les cailloux m'a fait faux-bond. Et quand tu perds ta machine à graver les cailloux en fait tu perds en même temps le jardin où tu as planté les cailloux.
Les cailloux s'en foutent. Les cailloux on les pose, c'est comme Mireille Matthieu. Tu les graves les cailloux, mais jamais ils ne t'appelleront "papa". Je vais vous dire tout ça. Mes cailloux ils sont quelque part dans une banque de données. Ils ont une longitude et une latitude . J'ai juste perdu le plan.
Tu crois qu'un jour, une espèce de Christophe Colomb se promenant sur cet univers que l'on veut se figurer immanent trouvera mes photos, mes travaux piètres de programmation ou d'animation ? Il me verra comme un sauvage tu crois ? Un sauvage qui l'aurait un peu colonisé ?
J'ai perdu Objectif AOC définitivement. J'ai perdu le lecteur que je devais ré-initialiser à chaque épisode. C'est pas tant pis. C'est dommage j'avais encore quelques épisodes. Des bons avec des trucages superbes. J'ai perdu les vidéos pas primées à Romans. J'ai perdu tout ce que j'avais écrit d'histoires diverses et tout. C'est pas grave. Attendu qu'on peut le voir, cela signifie que tout est quelque part.
J'ai perdu mes cailloux. Peut-être que toi tu peux les retrouver. Si jamais cela t'arrive garde-les. S'ils pouvaient devenir un trésor.
12 mai 2007
Lettre officielle 2
Collège Laëtitia Hallyday (ex-Edmond Rostand)
8, rue Arnaud Lagardère (ex-rue du Mal Leclerc)
44562
Trifouillis-les-Oies-en-France
De M. Houblon Second
A Mme la Principale
Mme la Principale,
L'initiative de nos collègues littéraires a suscité au sein de l'équipe pédagogique de mathématiques un enthousiasme qu'elle n'avait pas connu depuis la finale de Coupe du Monde 1998 et nous crions "hourra pour le SLIP". Nous reconnaissons que nous nous étions laissé aller à la morne habitude de cours sans surprises dans lequels deux ajoutés à deux faisaient toujours quatre. Il faut que cela change.
Ainsi, à l'instar de nos collègues littéraires nous sollicitons de votre bienveillance l'autorisation de créer un mouvement permettant de réfléchir sur nos pratiques, un ouvroir, simple hommage à l'OULIPO, pouvant mettre en perspective nos libertés et nos contraintes éducatives. Cette réflexion permettra l'harmonisation des enseignements, unifiera nos cours dans un même élan vers le théorême de Thalès à la portée de tous.
Nous espérons que cette initiative trouvera gré à vos yeux, et que les Mathématiques, Ouvertes et Unifiées dans la Liberté Educative verràont bientôt le jour. Reconnaissant la primeur de l'initiative à l'équipe de lettres, nous adhérerons aussi à leur association. Oui : la MOULE adhèrera au SLIP.
Nous vous assurons, Madame, de l'expression de nos sentiments les meilleurs.
Vive la République, vive la France.
H.S.
10 mai 2007
Lettre officielle 1
Collège Laëtitia Hallyday (ex-Edmond Rostand)
8, rue Arnaud Lagardère (ex-rue du Mal Leclerc)
44562
Trifouillis-les-Oies-en-France
De M. Bière Bremier
A Mme la Principale
Mme la Principale,
L'élection présidentielle récente ayant été un véritable coup de tonnerre, elle remplit d'un enthousiasme libérateur l'ensemble de l'équipe pédagogique de lettres. Décidés à ne plus stagner au rang de branleurs de fonctionnaires, les professeurs ont décidé de se lancer à corps perdu dans la remise en question des habitudes et des vieilles lunes pédagogiques qu'ils utilisaient par habitude jusqu'à aujourd'hui.
Afin d'assurer la pérennité de ce mouvement et de le rendre visible aux plus hautes instances, nous solicitons de votre bienveillance la possibilité de fonder au sein de notre établissement une association vouée à l'innovation pédagogique. Ainsi, il nous serait fort agréable de pouvoir jouir de la salle de réunion de façon bimensuelle pendant la pause-déjeuner de manière à ce que notre petit symposium littéraire puisse se rassembler dans la plus grande sérénité et l'efficacité la plus efficiente.
Nous joignons à ce courrier les statuts de notre association, le Symposium Littéraire pour l'Innovation Pédagogique, et sommes fiers, Madame, de vous annoncer que tous les professeurs de lettres mettront la main au SLIP.
Veuilez agréer, Madame, l'assurance de nos sentiments respectueux,
B.B.
07 mai 2007
Tiens ça faisait longtemps...
... que j'avais pas écrit un billet d'humeur. Oh oui je vous vois venir. Y'avais longtemps que j'avais pas écrit tout court. Que j'avais pas fait un épisode d'AOC ou une vidéo voire l'enregistrement du tube de l'été (pour moi ce sera de la vaseline). Que j'avais même été laisser un commentaire d'une pertinence et d'une drôlerie qui me caractérise sur vos blogs.
Alors pourquoi ?
C'est la faute à Sarkozy ? Certes certes. Je déteste que des gens arrivent à se rendre plus intéressant que moi. Notamment avec si peu d'atouts. (pas par rapport à moi mais il n'empêche (j'en profite pendant qu'il est pas encore tout-à-fait dictateur président))
C'est la faute à une santé défaillante de pré-grabataire soûlographe ? Effectivement : celui dont la luette gonflée comme une balle de ping pong ne lui est pas revenue dans la bouche ne peut pas comprendre mon désespoir d'une nuit de vomissements. (même que j'ai pas pu aller voter pour les Verts et c'est pour ça qu'ils ont fait 1,5%)
C'est la faute à un travail éreintant sous les ordres d'une direction dont le sens du service laisse à désirer ainsi que sa capacité à prévoir, gérer et organiser la vie d'un établissement ? Certes. Mais mon devoir de réserve (je suis un fonctionnaire irréprochable, t'as qu'à voir : je tombe malade pendant les vacances) ne me permet pas d'aborder le sujet. Et le premier qui peut me dire quelle est la figure de style que je viens d'utiliser aura un bon point.
C'est à cause d'une tendance de la blogosphère à se prendre au sérieux et à réfléchir avec une pédanterie innocente sur le but d'une telle révolution culturelle ? Je ne répondrai pas à cette question. J'aime la blogosphère. TOUTE la blogosphère. Et mes statistiques sont vraiment minables.
C'est la faute au manque de motivation ? Hélas.
Tout est dit.
Ces derniers temps je ne suis plus drôle. Je prépare deux projets, l'un sur l'harmonisation des termes d'études en français, l'autre sur une étude comparée des enseignements grammaticaux en français et dans les langues. T'as vu comme c'est chiant ? Mais bon, j'avais besoin. Quand ton métier devient une habitude, il faut le remettre en question. L'enseignement faut pas que ça devienne l'usine.
Alors voilà ces derniers temps je fais un peu autre chose.
Mais je vais revenir chez vous.
Vous voir.
Parce que ma blog-roll, sans vouloir vous vanter, c'est du lourd.
10 avril 2007
Et tu voulais être quoi petit ?
Je suis un vieux blogger. C'est pour ça tu vois au bout d'un moment je me suis laissé aller. Un vieux je te dis, avec le html qui pendouille et le css qu'a des varices. Alors je bénis Mlle Bille qu'elle est jeune (le XML soit sur vous Mademoiselle) de m'avoir fait passer une chaîne juste au moment où j'arrive plus à rien. Ceci dit c'est pas ma faute, un jour je vous raconterais mon boulot. Je pense que ce sera le même jour que l'Education Nationale implosera.
Donc Mlle Bille qui est drôle et blonde cependant, m'a dit "toi le bière tu le fais la chaîne avec engouement yoplaboum. Je ferme les guillemets. Comme ça : ". Cette chaîne consiste à dire ce que l'on fera quand on sera grand si on n'est pas adulte et ce qu'on a raté comme un con si on est adulte. Bon voilà. Donc je remonte le temps, en direct : ichkosuhdihidskopoldmslkmadlsmadlmasldmaspm^^spoioi. J'ai dix ans.
Je vis dans un village. T'as jamais vu un village comme ça. Tu vas sur Google map et tu tapes "Saint Bonnet des Quarts" et à fond de zoom tu le verras toujours pas. Il y a cinquante habitants, soixante si tu veux. Pas des gens chaleureux, enfin faut les connaître. Parmi eux il y a un couple, c'est Tatan et Tonton. Tatan c'est pas ma tante ni Tonton mon oncle, c'est mes nounous : il est boucher, elle est femme de boucher. Il a un J9 je crois pour aller chercher la viande. Et le mercredi c'est jour de saucisson, et ça mélange de la chair et ça met du sel et du poivre et un petit verre de prune.
Alors tu souffles dans le boyau du cochon, c'est là que ça passe le caca, mais n'empêche, pouët on souffle dedans, on rigole. Et la viande qui est toute mélangée avec elle-même tu la mets dedans. Sproutch. Saucisson. Quand je serais grand, je serais feuseur de saucisson.
Et puis finalement non. Merdalor, les saucissons c'est bien mais moi je serais mieux que feuseur de saucisson. Moi j'habite à côté de Roanne. A Roanne y'a le restaurant Troigros. Même que je sais pas pourquoi ils sont que deux. Alors finalement je me mets debout sur le tabouret pour touiller et mon lapin à la moutarde il est très bon. Même pas Papa et Maman ils le vomissent. Ni la petite soeur, ceci dit la petite soeur ele mange du pâté pour chat. Nonon on n'est pas pauvre. Elle aime ça, et mon lapin à la moutarde. Et à la radio il y a Pierre Desproges qui juge Jean Troigros ; lui non plus il comprend pas pour quoi on dit Troigros alors qu'ils sont que deux.
C'est bizarre. C'était moi.
Je vais faire passer : Cécile, STV, AB6, Mimi, Marie Séraphine, Largentula et Ardente.
Et moi j'aime bien faire pleurer dans les chaumières. J'aime bien la nostalgie. Et à toute ma blog-roll (tu cliques les bouteilles) je fais passer cette chaîne : Tes parents avaient une voiture ? C'était quoi la voiture de tes parents ?
TU LA FAIS PAS T'ES MAUDIT DE TA RACE JUSQU'A 18 HEURES 30. AU MOINS.
06 février 2007
Retour vers le stade anal, le sexe.
04 février 2007
Rien à fout'
Même pas mal.
Ne m'appelez plus jamais France la France elle m'a laissé tombé, et pareil pour Romans. Je vais vous raconter comment j'ai su que c'était foutu.
D'abord je fais des vidéos en me grimant (merci à Freddemai pour le vocabulaire pertinent) et tout le monde me dit :" ah tiens ça me rappelle le professeur Rollin". Moi fier. Moi content. C'est là que commence la conspiration. Donc je vais m'inscrire à Romans dans la catégorie comédie parce que comme un con j'oublie le sens noble du mot comédie. Paf. Je tombe sur des comédiens. Merde. Moi je croyais qu'on était entre déconneurs.
Et c'est là que ces enfoirés me lancent dans les pattes LE VRAI PROFESSEUR ROLLIN comme président du jury. Ce dernier, jaloux de mon humour, de mon érudition, m'a regardé d'un air chafouin durant toute la durée du festival. Je voyais bien que je lui faisais de l'ombre la preuve en est qu'il a profité du seul moment ou je chassais la peau d'orange au fond de mon verre pour venir me serrer la main. .
Cependant,puisqu'il n'est que président, je suppose que les autres membres du jury sauront lui faire entendre raison et ravaler sa fierté afin de passer le flambeau de son génie à ma personne. Je me rends donc à la cérémonie de remise des prix accompagnés de mes nombreuses femmes et d'une certaine dose de confiance . Et là soudain je comprends que mes chances sont abolies.
Sur scène, Christophe Ginisty et Vinvin devisent. Ils sont habillés (oui bon). Ils sont habillés d'une veste en velours noir. Un veste en velours noir qu'ils ont acheté dans les magasins d'usine de Romans. La même veste qu'une princesse (qui était sûrement du complot quand j'y réfléchis) m'a obligé à acheter le matin même. Je comprends alors que c'en est fini de mes chances.
Si je monte sur scène, l'assistance ne pourra que constater que je porte bien mieux qu'eux la-dite veste. Je me résigne et téléphone au garage Porsche dans le but d'annuler ma commande. Je fais semblant de rire aux sketches de Vinvin et de François Rollin (mon médecin m'a dit que mes cordes vocales seront en état de marche dans quinze jours). Et dans la foulée je vais faire un baby-foot avec Folie Privée. Là aussi je perds mais c'est pour lui faire plaisir. La preuve ? Je suis obligé de me marquer moi-même des buts.
Et puis de toute façon personne ne pouvait me pardonner cette rebellion qui suit. Je suis le Rimbaud du blog. En moins pédé.
15 janvier 2007
J'ai pas pu m'empêcher...(ter)

La semaine prochaine, les prouts.
09 janvier 2007
J'ai pas pu m'empêcher...(bis)
Epilogue la semaine prochaine.
02 janvier 2007
Bonne année bon dentier
Ce n’est pas une franche détestation de cette période de l’année, non, ce n’est pas non plus un réflexe arrogant de contre-pied aux traditions, ni même une vague mélancolie que ferait naître en moi l’ostensible joie des gens heureux, ces enculés. Non c’est juste qu’à Noël, il y a un truc qui merde. Voilà. Ecoute donc mon réveillon.
J’ai eu la chance en arrivant chez ma mère d’avoir un Noël blanc, point de neige certes mais d’un givre persistant que les douze degrés sous zéro que nous subissions rendait chaque jour plus épais. Après avoir choisi le menu pendant une journée tout en brossant les chats de l’autre main (quoi « quelle autre main ? »), nous nous mîmes à la préparation du gueuleton de l’année en chantant « cloches de la jungle » (jingle bells pour les lusophones).
Un sourire
naquit vaguement au coin droit de ma bouche quand nous eûmes fini d’ouvrir les traditionnelles
huîtres sans qu’aucune main ne fût transpercée, sans qu’aucun pouce ne voltigeât,
ensanglanté, dans le fond du bac en inox de l’évier. La préparation se passa donc
à merveille. Je commençais à me détendre. J’avais réussi un délicieux chapon, d’ailleurs
j’en repris une part. Je l’avais bien dit qu’il fallait qu’il y ait un truc qui
merde.
Savais-tu qu’une dent est composée d’émail, une matière fort résistante tandis qu’un tendon n’est qu’une bande de tissu conjonctif ? Normalement quand les deux se rencontrent, c’est la dent qui gagne. Sauf le soir de Noël. Dans ma bouche. Quand je recrache le tendon en gueulant que « merdputinsépavréputinmerdcu » et que je sens ma dent séparée en deux qui se met à jouer des castagnettes, olé. Privé de dessert, je me contentai de passer le reste de la soirée à tirer la tronche.
Trouver un dentiste le surlendemain de Noël n’est guère aisé, je le confirme puisqu’autant je passai une après-midi au téléphone à expliquer que les urgences locales ne faisaient pas dentisterie et que donc. Il y eut une bonne âme décidée à me prendre en charge le lendemain. Je déteste aller chez le dentiste, j’ai la dentition en si mauvais état que l’épreuve semble pour moi une dictée pour l’handicapé de l’orthographe, un match de rugby contre les All-Blacks pour l’équipe de France. Mais j’étais bien décidé à dépasser tout ça et à me faire soigner. Et dès le lendemain, je vis le médecin, pas le dentiste, le médecin.
Une gastro-entérite c'est déjà pas agréable, mais alors quand tu vomis et que ça reste coincé dans une dent…
C’est pour ça que Noël, si on pouvait s’en passer dans les années à venir…


